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Le 13 février...Cela fait deux semaines que nous sommes sur une montagne andalouse, près de Cortès de la Frontera (à 60 km au Nord d’Algésiras). Attendre le courrier de l’assurance était une très belle occasion de découvrir cette région, entre Séville et Malaga. C’est tout d’abord le Parque Natural de Los Alcornocales qui nous a fait de l’œil bien sûr: montagnes, sources, lacs, forêts...Mais le feu de camp n’était pas allumé d’une heure qu’une voiture est arrivée dans le chemin, amenant un homme en uniforme: « Fuego, camion, no aqui! Parque Natural! » « OK! On s’en va! » Il a jeté un rapide coup de torche sur le camp, Louka et ses coloriages, moi avec un sourire bien niais; un hochement de tête, un sourire et il est partis en demandant d’éteindre le feu avec l’eau. « OK...OK! » Sympa le garde! Mais du coup, on se retrouve à chercher un campement de nuit, ce qui est un peu différent...le long des routes est grillagé, les chemins ont des portails...Parque Natural!...enfin, miracle, un beau chemin de terre s’enfonce dans la forêt...et enfin un petit coin dégagé...Contents de se coucher! Mais cela ne faisait pas une heure que le campement s’était endormi que le son puissant de cloches nous annonçait la visite des occupantes des lieux...et à en croire les tintements incessants, les vaches ne dorment pas la nuit et n’ont pas peur des T4...Mais ce fût tout de même un enchantement d’ouvrir la tente de toit le matin et de découvrir là ou nous avions dormi...un splendide point de vue sur une vallée, sous un beau chêne liège...belle énergie que l’on ressent peut-être mieux lorsque les yeux ne voient pas...Mais bon, petit coin déjà occupé...nous sommes donc repartis avec l’envie de trouver un endroit où nous pourrions vraiment se reposer... pourquoi pas rester quelques jours, pour continuer la mise au point du camion...et puis marcher aussi! Nous avons su que notre souhait était largement exaucé lorsqu'au bout d’un long chemin raviné, grimpant et s’enfonçant dans la montagne, traversant une forêt de pins, nous aperçûmes les ruines d’une maison, près de laquelle un cercle étrangement de niveau nous tendait les bras (nous apprîmes plutard que c’était l’endroit où les chevaux foulaient les céréales)...Et pour la première fois, le matin qui a suivi, nous n’avions pas envie de démarer le camion. Une petite ballade nous fait découvrir une belle source en pierre taillée. Décidément, c’est un petit coin de paradis! Dans la journée, deux, trois 4x4 passent dans le chemin...personne ne s’arrête...Pourtant, le propriétaire doit être au courant de notre présence maintenant...Ce fût le 3ième jour qu’un 4x4 s’est finalement approché du campement...L’homme qui en sort n ’a pas l’air fâché...d’une cinquantaine d’années, mince et vif, il nous demande simplement notre nationalité...un rapide coup d’œil à la plaque d’immatriculation. « Ah, vous êtes français...je suis belge...vous êtes ici dans mon jardin...enchanté, moi c’est Théo! » Nous nous présentons...pas de problème...si nous respectons l’endroit, il reste ouvert...et si nous le souhaitons, nous pouvons passer à sa maison...ce que nous ferons bien sûr, la rencontre est trop belle...Théo vit sur cette montagne depuis 36 ans, se retrouvant à présent à la tête de 400 ha, avec son beau-frère d’un premier mariage, Bernard, cueilleur professionnel ,et son demi-frère, Marco, dont nous découvrirons par la suite l’autisme. Il y a beaucoup de travail ici: les bâtiments en construction, ceux à restaurer, l’élevage de chevaux et les randonnées touristiques, l’entretien des sources et de la forêt, l’élagage des fruitiers...Théo est un sacré personnage qui s’est mis en tête de faire tout ça tout seul...Au fur et à mesure de nos campements et promenades dans cette montagne, nous découvrons une succession de petits endroits, tous plus charmant les uns que les autres...les ruines, les rivières, les rochers d’où s’élancent d’énormes chênes; les orangers, les citronniers, les oliviers sont pleins de fruits; les amandiers, les cerisiers, le romarin sont en fleurs; le soleil est doux et la légèreté des andalous est toute aussi agréable. Nous nous y serons bien reposés. Les premières nuits du voyage n’avaient pas été très reposantes et il faut un temps d’adaptation pour que le sommeil devienne profond sous la tente: il faut s’habituer aux nouveaux bruits et dépasser les premières peurs de vivre sans murs et sans verrous, en des lieux inconnus... Aujourd’hui, nous avons reçu le papier de l’assurance et nous quittons cette montagne si accueillante... « Au-revoir Théo, Marco et Bernard...et merci!». En se promenant en haut de la montagne, nous pouvions apercevoir au loin Gibralatar...et l’Atlas! Ce n’est pas si loin pour un oiseau...Nous, nous irons prendre le bateau à Algésiras, direction Ceuta...C’est là-bas que nous écrirons la suite de l’histoire... |




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Dans la Sierra de Ronda. |
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Près de la ruine de Théo, le matin, au-dessus des nuages... |
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De tout en haut, on aperçoit Gibraltar et l’Atlas... |
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